Wai! Mi Ségolen (Aïe! Ségolène arrive!).

Wai! Mi Ségolen (Aïe! Ségolène arrive!).
Wai ! mi Ségolen ! !

Ségolène Royal est en Martinique ! Elle sera en Guadeloupe samedi.

En Chine où elle visitait récemment elle s'est livrée à quelques unes de ces facéties qui amusent sans doute le « tout Paris » bobo (bourgeois bohèmes), mais qui inquiètent venant d'une candidate à la présidence de la République française. Par exemple cette comparaison déjantée de la justice française et de son homologue chinoise, au bénéfice de la seconde, évidemment (on est « bobo », ou on ne l'est pas !), jugée bien plus rapide que la première.

Or la justice chinoise n'est pas rapide, elle est expéditive, pratiquant le meurtre en séries, et exploitant les corps des victimes, au plus grand profit des membres de la nomenklatura communiste (trafic d'organes, etc !).

Au Canada, elle s'est livrée à des provocations indécentes, s'ingérant dans les affaires de ce pays, comme certes, le général de Gaulle l'avait fait en 1968. Mais le général de Gaulle qui n'était pas infaillible avait eu tort. On ne vieillit pas impunément; et il en tira lui-même les conséquences un an plus tard en démissionnant de sa fonction. Ségolène, elle, hélas ! !

Quelles petites phrases nous réserve, ici, la candidate du parti socialiste français ?

Notons que son voyage est contesté en Guadeloupe. L'un de ses plus farouches partisans n'est-il pas ce Georges Frèche, aux déclarations pour le moins intempestives, tant sur la composition de l'équipe de France de football, que sur les harkis, et descendants de harkis, traités de sous-hommes. Il est vrai que ces harkis ont commis le crime impardonnable, aux yeux des bobos, de choisir la France pendant la guerre d'Algérie.

Le voyage de Ségolène est à mes yeux une bonne chose. Nos compatriotes vont pouvoir juger de près cette dame, au vocabulaire approximatif, dont le seul mérite est une certaine joliesse.

Joliesse, mais vue de loin. Les gros plans télévisés ne pardonnent pas.
On y voit le visage de Ségolène, s'oubliant parfois, et alors dur, implacable, avec des yeux aux reflets glacés, métalliques, dignes d'une gardienne de camps SS. Et puis soudain, leur auteur se rappelant son rôle, le sourire de commande reprend le dessus. Regardez bien, lecteurs amis!

Reste la voix, difficile à corriger, monocorde et gutturale.

Et pour dire quoi ? Vous avez déjà entendu Ségolène dire ce qu'elle va faire. Moi non plus ! Contredire son compagnon Hollande, (le pauvre homme !), qui venait d'annoncer des augmentations d'impôts (spécialité socialiste), cela oui ! Mais à part ça ?

Ségolène consulte, elle fait, dit-elle, de la « démocratie participative ». Pour le concret il faudra attendre, que la consultation soit terminée.

Supporter cela ? Pendant cinq ans ? Awa ! ! Moi, j'ai confiance dans le bon sens du peuple.

Comme diraient Blake et Mortimer : WAIT AND SEE!

Marc DECAP.
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# Posté le jeudi 25 janvier 2007 20:08

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 15:02

La tribune de Michel de Poncins : Impôt sur les sociétés.

La tribune de Michel de Poncins : Impôt sur les sociétés.
IMPOT SUR SOCIETES : MAUVAISE IDEE.


La campagne électorale se déroule d'une façon fort peu respectueuse de la population à laquelle les politiques n'offrent pas un spectacle très reluisant. Il s'ajoute le désir du Président et du Premier ministre qui affirment vouloir « gouverner » jusqu'au dernier moment. Gouverner, c'est, pour eux, légiférer et réglementer, seule activité qu'ils connaissent. C'est pour cela que, depuis peu et probablement jusqu'à la fin, nous allons être soumis à une accéllération de la tornade des lois accentuant l'effet de ruine habituel.



Ils vont, en particulier, se livrer à ce que j'appelle : « la manipulation des compteurs ». Les anciennes usines à gaz étaient fort compliquées avec une foule de mannettes, de compteurs, de tuyauteries et les usines à gaz d'aujourd'hui ne doivent guère être plus simples. L'effet de ruine, conséquence inévitable du dirigisme, vient, entre autres causes, de la création, la multiplication et l'enchevêtrement d'innombrables « usines à gaz » administratives formant des galaxies et des galaxies de galaxies.



Cette horreur n'est pas un hasard mais une nécessité dès lors que le pouvoir ne veut pas détruire le socialisme mais simplement le gérer, courant sans cesse après les calamités qu'il organise ou tolère lui-même et prétendant les corriger à chaque fois en mettant une nouvelle couche de réglementations, elles-mêmes nageant dans la brume d'incertitudes juridiques multiples. La nouvelle couche se résume souvent à jouer des manettes, comme si un changement de tuyauterie ou de compteurs pouvait produire du gaz là où il n'y en a pas.



Dans les vieilles usines à gaz, les robinets et les compteurs au moins marchaient de concert. Dans les usines à gaz administratives, on ne sait jamais si un robinet marche car il faut attendre non seulement des kilos de textes mais aussi des jurisprudences incertaines.



C'est à cette manipulation des compteurs que peut se raccrocher la proposition de diminuer l'impôt sur les bénéfices des sociétés.


Ce dernier serait ramené de 33 à 20 % en quelques années. La mesure présentée à la hâte comme géniale serait financée grâce à une accentuation de la participation des salariés aux bénéfices, une nouvelle couche de lois étant ajoutée aux dispositifs nombreux et complexes existant déjà ; ces salariés étant censés consommer davantage, le sacro-saint P.I.B. augmenterait et les impôts en conséquence. Voici tous les inextricables problèmes résolus !



Ces éminents personnages que la presse britannique juge usés jusqu'à la corde sont ignorants des entreprises et du fonctionnement intime de l'économie.



Cet impôt rapporte 40 milliards d'euros par an et c'est la troisième ressource fiscale de l'Etat. Il est évident que le calcul d'équilibre ci-dessus est fantaisiste ; pour combler la baisse de l'impôt dans une situation budgétaire à la limite du supportable, il faudra pomper ailleurs et, notamment, chez les clients des entreprises. Sans le savoir, ces entreprises paieront quelque part le prétendu « cadeau ».



La surprise est de voir le Medef accepter de pareilles calculs par la voix de certains de ses représentants qui les approuvent officiellement. Sans doute ignore-t-il ou ne veut-il pas savoir que la manipulation des compteurs ne sert à rien.



La seule mesure véritable qui améliorerait l'économie c'est la suppression immédiate, totale et sans recours d'un grand nombre de dépenses étatiques. Après remboursement de tranches d'emprunt, elle pemettrait de « détruire » carrément certains impôts et peu importe lesquels, tous les impôts étant meutriers pour l'économie d'une façon ou de l'autre.



Faut-il être surpris de cette solidarité du Medef avec le pouvoir ? Certes non, cette solidarité est une donnée fondamentale et lourde de la politique française.


Michel de Poncins


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# Posté le mercredi 24 janvier 2007 21:27

Une semaine à la loupe, par Henri Pauvert. (23.01.07).

Une semaine à la loupe, par Henri Pauvert. (23.01.07).
1. De l'immobilisme au mouvement.
2.
Jacques Chirac semble découvrir qu'il lui reste du temps pour mettre en place un certain nombre de mesures qu'il nous avait proposé lors des précédentes campagnes présidentielles. C'est louable mais pourquoi ne l'a-t-il pas fait au cours des 12 ans de mandat ? Certes, par sa faute, pendant 5 ans il a du gouverner avec la gauche en approuvant des mesures scandaleuses prises par des démagogues notoires et approuvées par des Français qui ne pensent qu'à courte vue. Mais que ne l'a-t-il pas fait au cours des 5 dernières années ou il avait tous les pouvoirs ? Veut-il ainsi éviter de passer à la postérité pour avoir été le Président de droite qui aura donné le pouvoir aux socialistes par deux fois ?

3. Les Tribulations d'une chinoise, en Chine.

4. Ségolène Royal avait boycotté l'accueil par l'Assemblée Nationale du président chinois en janvier 2004 au nom de la défense des droits de l'homme. Il n'est donc pas étonnant que ce dernier ne l'ai pas reçu lors de son voyage en Chine. Au nom du politiquement correct et en raison de l'invitation qui lui a été faite par le parti communiste chinois, elle n'a pas parlé des droits de l'homme mais de "droits humains". Pour se donner une carrure internationale, elle n'a pas fait preuve de bravoure, pardon de "bravitude" vis-à-vis de ses hôtes. Peut-on considérer que quelques voyages de quelques jours dans quelques pays étrangers donnent à une personnalité, si brillante soit-elle, la capacité à diriger un pays qui a de grandes responsabilités dans le monde si troublé dans lequel nous vivons : le débat est ouvert...

La culture des préretraites a la vie dure. Avec un peu plus d'un tiers des 55-64 ans au travail, la France est à la traîne de l'Europe. La situation des seniors n'est pas loin d'être dramatique selon le ministre de l'Emploi, Jean-Louis Borloo. Seulement 38% des 55-64 ans travaillent. Peu importe leurs compétences et leur secteur d'activité, les seniors se voient fermer les portes de l'entreprise dès l'envoi de leur CV. Ils reçoivent trois fois moins de réponses positives que leurs cadets de 28-35 ans. Pourquoi ce décrochage ?
 La retraite à 60 ans est un "deal" implicite passé entre les générations : préretraites contre emploi des jeunes. Ceci a créé un climat défavorable à l'emploi des seniors.
 Les entreprises marginalisent les cadres de plus de 45 ans en limitant leur formation et leur promotion.
 Les salariés ont pris l'habitude de prendre leur retraite à partir de 60 ans, voire entre 55 et 60 ans dans les administrations et les entreprises publiques.
Les mesures législatives prises par les différents gouvernements favorisent cette situation. Ainsi :
 La contribution Delalande prévoit jusqu'à 6 mois de salaires taxés pour tout licenciement d'un salarié senior, ce qui incite les entreprises a ne pas recruter des seniors.
 L'autorisation de mise en préretraite de salariés âgés de 51 ans et plus lors de plans sociaux.
 Les 35 heures dont l'impact est une dévalorisation du travail et la mise en exergue de la société des loisirs.
A cela s'ajoute une raison dont on ne parle pas mais qui me paraît non dénuée de tout fondement : Les baby-boomers de l'après guerre, les seniors d'aujourd'hui, ont connu une inflation importante à 2 chiffres qui a accru leurs rémunérations de façon importante. Ils se retrouvent en concurrence avec des jeunes dans la quarantaine, capable d'assurer les mêmes fonctions avec des salaires très inférieurs.
Tout ceci est un risque important pour les retraites. En effet, la durée d'activité de l'être humain se réduit alors que sa durée de vie s'accroît. L'homme et la femme vivent de plus en plus longtemps. Ils passeront donc moins de temps à travailler qu'à être "improductif" pour la société : en moyenne 30 à 40 années de travail contre 50 ans et plus pour les périodes de la jeunesse et de la retraite. En moyenne, on peut dire que leur contribution à la collectivité est nulle voir négative. Alors qui paiera les retraites de nos seniors d'aujourd'hui et de demain ?

Henri Pauvert.

# Posté le mardi 23 janvier 2007 19:45

L'abbé PIERRE est mort.

L'abbé PIERRE est mort.
L'abbé Pierre est mort. (L.22/01/07).


« Ora pro nobis peccatoribus
nunc et in hora mortis nostrae. »


C'était en 1955, je lisais régulièrement le magazine illustré BAYARD, destiné aux adolescents. L'hebdomadaire consacra sous la forme d'une bande dessinée un grand reportage à la grande aventure de l'abbé PIERRE qui venait de commencer à la Noël 1954.
C'est ainsi que je devins un « fan » d'Henri Grouès, alias l'abbé Pierre.

Du moins pendant quelques années. Par la suite j'appris à relativiser, sans jamais pourtant me départir de mon admiration pour son ½uvre, essentielle, empreinte de vraie charité, active, désintéressée, bref chrétienne, sans humanitarisme suspect.
J'ai toujours eu pour l'abbé une sorte, aussi, de sympathie, de connivence, que je ne renie pas, mais qui ne vont pas à ce qu'il y a de meilleur en lui (et en moi).

Je veux dire que c'est aux coups médiatiques (même quand ils me déplaisaient, mais, tout de même : « salut l'artiste » !) d'Henri Grouès qu'allait alors, ma complicité, à ce qu'il pouvait y avoir de provocateur, ludique, cabotin dans ces occasions là, de défi à la « société bourgeoise ».

Car l'abbé Pierre était, aussi, un homme, aux prises avec ce « misérable tas de petits secrets » pas toujours avouables, si l'on en croit André Malraux, qui caractérise les êtres humains, ce côté « humain trop humain » qui, à l'heure de l'examen de conscience humilie et fait murmurer qu'il pleure avec raison dans nos c½urs qui s'éc½urent !

Ce qui compte, au final, (pour un croyant) c'est la lucidité sur soi, la décision ferme de s'en remettre, toute honte bue, à la miséricorde de Dieu, à son amour, à sa volonté "« Fiat volontas tua » !

C'est le chemin de la sainteté, et les saints ne sont pas, contrairement à des idées trop répandues, et convenues, de petites âmes chétives, pâlotes, préservées des tentations du « Malin » (qui s'appelle « légion » et dont les visages, multiples, prennent les formes les plus surprenantes, et paradoxales). Ce sont, au contraire, des âmes fortes, des individualités puissantes, douées (pour le péché par exemple), capables du meilleur et du pire.

Aussi, mon allusion, ci-dessus, au « tas de misérables petits secrets », n'était pas un médiocre coup de pied de l'âne au défunt dont nous parlons, seulement un appel à relativiser, à prendre du champ par rapport au déluge médiatique et humanitaire, qui nous pleut par tous les écrans cathodiques, dont l'idéologie dominante est pourtant, dans sa majorité, parfaitement indifférente, voire hostile à la foi chrétienne, et catholique, de l'abbé.

Henri Grouès a été un pauvre pécheur, comme chacun. Mais chacun n'aura pas su, comme lui, transmuter ses défauts en charité, faire d'une vie qui aurait pu être une réussite politique, ou financière, une ½uvre d'amour, « Deus est caritas », (des hommes comme l'abbé pourraient faire carrière avec leurs charismes, être très côtés en bourse, si l'on voit ce que je veux dire), et comme disait Baudelaire, à propos d'autre chose, « pétrir de la boue pour en faire de l'or ».

C'est pour cela que je crois que cet homme, toutes choses bien pesées, mérite probablement d'être élevé au rang de ceux que les catholiques appellent des « saints », c'est-à-dire, non des surhommes ou demi dieux, mais des preuves que le mal peut être combattu, parfois vaincu, même si « mon royaume n'est pas de ce monde ».

L'avenir nous instruira de ce qu'il en est.

Sa disparition va se faire ressentir. Certes, contre la misère, il y a des organismes officiels, des administrations. Il y a même des « serviteurs », des hommes et des femmes désintéressés, offerts, qui se sacre-ifient.

Mais des Henri GROUES, il ne s'en rencontrent pas tous les jours !

Chantons, l'abbé ! comme vous l'avez voulu : « ce n'est qu'un au revoir, mes frères » !

Edouard BOULOGNE.


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Les medias nous présentent un abbé Pierre sympathique, et c'est justice.

Prenons garde, pourtant à ne pas dissocier cette personne de sa foi religieuse, chrétienne (et catholique ! Les grognements de l'abbé Pierre à l'égard de ce qui lui paraissait timoré dans l'attitude de la hiérarchie de son Eglise sont courantes chez les chrétiens, ; rappelons St-François d'Assise, St Atanase, monseigneur Gaillot, monseigneur Lefebvre , tant d'autres. Evidemment tout le monde n'est pas content en même temps ! !) et de son enracinement contemplatif et mystique, essentiel à l'en croire pour comprendre sa vie, son ½uvre.

Je propose pour comprendre cela de lire , et méditer ce texte de l'abbé Pierre lui-même, extrait de son livre « Paroles d'un croyant » (éditions Fayard, 1997, pages 199 à 201) :

« Il est fréquent d'entendre dire : « on a besoin d'infirmières, de médecins, de bras secourables. Pourquoi ces chrétiens convaincus vont-ils s'enfermer toutes leur vie dans des couvents, à prier toute la journée, au lieu de se plonger au c½ur d'un monde qu'il faut sans cesse guérir et améliorer ? »
Je me souviens, c'étais juste avant mes soixante-quinze ans, lorsque je me suis retiré au monastère de Saint-Wandrille pour partager pendant huit ans la vie de silence et d'adoration des moines. (De temps à autre, il est vrai, je devais partir, ici ou là pour répondre à des appels importants). Le maire du petit village est venu un jour me trouver pour me dire que la population ne comprenait pas pourquoi moi, avocat infatigable des exclus, je venais « perdre mon temps » dans ce monastère ! J'ai écris dans un bulletin du village, une longue lettre pour expliquer comment la vie active et la vie contemplative n'étaient en rien contradictoire. Je suis même convaincu que sans ces véritables centrales d'énergie divine que sont les monastères, l'action des apôtres, des militants, de tous ceux qui luttent au c½ur du monde, ne tiendrait pas. Beaucoup d'entre eux ressentent d'ailleurs la nécessité de faire des séjours parmi les contemplatifs. Et ils en sortent spirituellement plus riches.
Je n'oublierai jamais, à ce propos, l'image qu'utilisait le géologue Pierre Termier : « Vous vous étonnez de l'existence des contemplatifs. Mais vous êtes-vous jamais étonné de l'existence des glaciers ? Que de place perdue ! Peut-être y a-t-il dessous des minerais de grande valeur et rien ne pousse dessus. Mais si les glaciers n'existaient pas, il y a longtemps que toute vie aurait disparu dans la vallée. Car l'air pollué s'échauffe et monte ; lorsqu'il arrive au contact des glaciers, il se refroidit et se sépare de tout ce qui le pollue. Puis l'air régénéré redescend dans la vallée. Sans ce travail permanent, la mort aurait déjà envahie l'humanité » ;
Il en va de même des contemplatifs, disait ce savant croyant : ils ne servent apparemment à rien, ils semblent improductifs, mais sans eux, sans l'amour qu'ils déversent mystérieusement, l'humanité aurait peut-être déjà succombé sous le poids de la haine ».
Abbé PIERRE.

# Posté le lundi 22 janvier 2007 19:36

Modifié le lundi 22 janvier 2007 20:51

Scrutateur , premier anniversaire : DECRYPTAGE.

Scrutateur , premier anniversaire : DECRYPTAGE.
SCRUTATEUR, 1er anniversaire : DECRYPTAGE.


1. Un an aujourd'hui.

Il y a exactement un an à cette heure où j'écris, que je créais ce blog : Le Scrutateur : http://megistias.skyblog.com.
Trop de monde pense qu'Internet n'est, et ne peut être qu'un fouillis d'informations douteuses et vagues, un dépotoir d'insanités pornographiques, le lieu par excellence de la désinformation.
Il est un peu cela, certes, mais aussi autre chose.
En tout cas il peut être autrement.
Qu'on le veuille ou non, « la toile » est un nouvel outil de communication, fruit de la technologie contemporaine. Tant pis pour ceux qui l'abandonneront aux margoulins.

J'ai voulu être de ceux qui utiliseraient cet outil pour créer un espace libre et fraternel de réflexion, dans l'esprit d'une philosophie ouverte, d'inspiration chrétienne, non conformiste résolument opposée au politiquement, philosophiquement, religieusement correct.

Dès lors je ne pouvais m'attendre à ce que mon initiative reçoive le soutien et la publicité de l'état d'esprit de ceux que je combat, qui domine actuellement, le monde médiatique, scolaire et universitaire.

En dépit du silence de ces gens là pour qui la devise des précieuses ridicules de Molière est la règle « nul n'aura de l'esprit, hors nous et nos amis », Le Scrutateur a bien démarré.

Il a vu s'agréger à lui des collaborateurs talentueux, il a suscité de ses lecteurs des commentaires, parfois critiques, souvent approbateurs.

Il a attiré 9950 visiteurs, soit une moyenne d'un peu plus de 27 personnes par jour.

Ce chiffre est honorable même s'il est très au-dessous de mes ambitions.
Pour que le Scrutateur commence à compter vraiment, il faut multiplier ce chiffre par au moins quatre, et viser plus haut encore, évidemment. Alors les informations, les analyses que nous publions, répandues par le bouche à oreille, reprises par des éditorialistes, auront l'effet bénéfique qu'attendent ceux qui les diffusent et croient en leur positivité.

Je fais ce que je peux pour qu'il en soit ainsi, je compte sur chacun de ceux qui me lisent en ce moment pour m'aider.

2. Pourquoi Megistias ?

Je voudrais maintenant apporter certaines précisions sollicitées par plusieurs d'entre vous à plusieurs reprises, quelques uns de ceux qui font l'honneur à ce blog de commenter ses articles, et dont j'avais différé la réponse jusqu'à aujourd'hui.

On demande, en effet, la signification du nom de Mégistias, qui figure dans notre indicatif.

La réponse n'est pas insignifiante quand au sens de notre activité de réflexion sur Internet.

Megistias est un personnage historique de l'antiquité, évoqué, notamment par Hérodote, dans ses « Histoires ».

On se souvient qu'au quatrième siècle avant Jésus-Christ, Xerxès qui régnait sur l'immense empire Perse, rêva de conquérir la Grèce, en profitant des divisions qui opposaient les Cités grecques.

L'enjeu était décisif. L'empire perse symbolisait la « barbarie » face au raffinement des Grecs, à leur haut degré d'organisation culturelle, et politique, au goût qui était le leur de la liberté, et même d'une forme de démocratie à Athènes.

A titre d'exemple, pensons au cas, bien connu, des armées perses « innombrables » (des centaines de milliers d'hommes), en route vers la péninsule grecque, s'apprêtant à franchir le détroit du Bosphore, mais rencontrant l'obstacle d'une mer déchaînée, pendant plusieurs jours. Exaspéré, Xercès fit, dit-on, fouetter la mer pour la punir de s'opposer ainsi à lui.
Bel exemple de despotisme oriental !

Cet obstacle franchi, les Grecs, unis par la nécessité, mais bien moins nombreux que leurs adversaires, subirent une première défaite. Ils décidèrent alors de se regrouper en un nouveau lieu, à Marathon, pour y livrer le combat décisif pour l'avenir de la civilisation.
Mais il fallait du temps pour se réorganiser, et ils décidèrent de livrer une bataille de retardement, en un lieu où la configuration du terrain pouvait permettre à une petite troupe sacrifiée, de livrer à l'ennemi une opposition efficace ; c'était au défilé des Thermopyles, devenu un des hauts lieux de l'histoire et de l'héroïsme militaire.

Le « bataillon sacré » de trois cent jeunes spartiates, commandé par le général Léonidas fut dépêché sur les lieux.
Ennuyé, Xerxès voulut négocier. Son légat s'en fut trouver Léonidas, lui fit remarquer que l'issue de la bataille ne faisait pas de doute, vue la disproportion des forces en présence, que le nombre des seuls archers persans était tel que lorsqu'ils lanceraient leurs flèches, le ciel en serait obscurci. « Tant mieux, répondit Léonidas, ainsi nous combattrons à l'ombre » !

Mais Mégistias ?

Mégistias était, un savant, un philosophe, un voyant dans la grande tradition grecque, il avait été, en quelque sorte, le professeur de morale à l'école de guerre des jeunes volontaires du bataillon sacré.
Il était aussi très vieux ; sa présence au combat était, en quelque sorte inutile.

Tandis que tout ce que la Grèce, (comme la France en mai 1940), comptait de notables, de faux nobles, de vrais nouveaux riches, d'opportunistes, faisaient leurs bagages, et détalaient à toute vitesse vers l'Italie, et les contrées lointaines, Megistias se porta volontaire pour accompagner ses jeunes élèves, et mourut avec eux, non point inutilement, puisque le temps gagné permit aux Grecs de se regrouper et de vaincre à Marathon.

Aujourd'hui encore son épitaphe, gravée dans le marbre, rappelle, sur les lieux même, et pour lui seul, son sacrifice héroïque.

Voici la traduction qu'en donne Pierre Boutang (dans « Les abeilles de Delphes », éditions des Syrtes, page 67) superbe dans sa concision :

« Ce monument recouvre l'illustre Mégistias qui tomba sous les coups des Mèdes, aux rives du Spercheios. Prophète, il avait clairement perçu l'approche de son destin. Mais il ne voulut pas abandonner les chefs de Sparte »

Il existe une autre très belle traduction du même haut fait par Marguerite Yourcenar (cf La couronne et la lyre, Gallimard, page 146) que je ne résiste pas au plaisir de citer :

« Ci-gît Mégistias, l'infaillible devin,
Le prêtre massacré par les archers persans.
Sûr de sa propre mort, instruit de tout, il vint
Combattre et rendre l'âme au milieu des Trois Cents ».

Il y a plus de 45 ans que je connais l'histoire de Mégistias, et j'ai eu plaisir à m'en revendiquer l'an dernier. Est-ce bien raisonnable pour un sexagénaire bien confirmé, de se référer à un tel romantisme ? Je ne sais. Mais c'est ainsi !

Et puis, il y a ce choix du nom : le Scrutateur. J'aurais pu choisir le guetteur, le veilleur (mais pas le « surveillant », tous les postes sont occupés, et ce n'est pas ma tasse de thé !).

Veilleur, ce n'était pas mal : « veilleur où en est la nuit » ?

Mais justement j'ai choisi le Scrutateur, dont le rôle est le même avec toutefois un ton moins emphatique, ( car, sérieux, il faut éviter de tomber dans « l'esprit de sérieux ») plus terre à terre, non sans évoquer la tâche utile, mais bien humble des scrutateurs des soirs d'élections qui veillent pour éviter les fraudes électorales.
Un peu d'auto dérision ou du moins de modestie, ne peut nuire à personne !

Mais « veilleur » ou « scrutateur », tel est, ou doit être, selon moi depuis toujours, l'homme d'Etat, s'il accomplit vraiment sa finalité, à l'égard de la Cité, et aussi le penseur, l'écrivain, l'éducateur, fidèles à leurs vocations.

L'image qui illustre cet article est celle d'une fenêtre lumineuse, isolée dans une nuit obscure. Son choix m'a été inspiré par une autre lecture ancienne, celle de Citadelle de St-Exupéry (dans l'édition de 1955, de la Bibliothèque de la Pléïade). On peut y lire pages 594 et 595 : « ...Les dernières fenêtres éclairées montraient les malades. Il était deux ou trois cancers comme des cierges allumés. Puis cette étoile là-bas de celui-là peut-être qui reste aux prises avec l'½uvre car il ne peut dormir s'il n'a fourni sa gerbe.(....) Donc il en était quelques-uns, semblables à des sentinelles, face à la nuit comme face à l'impénétrable mer. En avant-garde. Nous sommes quelques-uns à veiller sur les hommes auxquels les étoiles doivent leur réponse. Nous sommes quelques-uns debout avec notre option sur Dieu. (....) Capitaines, mes compagnons, voilà qu'elle est dure la nuit à venir. Car les autres qui dorment ne savent pas que la vie n'est que changements et craquements intérieurs du cèdre et mue douloureuse. Nous sommes quelques-uns à porter pour eux ce fardeau, nous sommes quelques-uns aux frontières, ceux que brûle le mal et qui rament lentement vers le jour, ceux qui attendent comme au mât de vigie, la réponse à leurs questions, ceux qui espèrent encore le retour de l'épouse ».

Une telle éthique, une telle exigence est-elle encore celle des penseurs, journalistes, éducateurs, et hommes d'Etat d'aujourd'hui ?

Charles de Gaulle, malgré ses énormes défauts (envers de ses qualités non moins éminentes) était de cette race des veilleurs et hommes d'action dont parle St-Exupéry. Mais depuis ?

Et, à cette aune, quel sera notre choix en avril ? Hélas ! Hélas ! Hélas !

A défaut de l'impossible, tâchons du moins d'empêcher la France d'être mise en « veilleuse », si l'on voit ce que je veux dire (!!!!!).

Et pensons à la suite, travaillons avec lucidité à réfléchir en groupes, scrutons dans la nuit les facteurs d'espérance, qui existent. Ceci, sérieusement, mais sans nous prendre au sérieux. Telle est l'ambition modeste, mais obstinée du Scrutateur à la phalange duquel vous viendrez, je l'espère, vous joindre.

Edouard BOULOGNE.

# Posté le samedi 20 janvier 2007 22:38

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 15:02