Une semaine à la loupe (10/02/07) , par Henri Pauvert.

1. Haro sur le privé.

Plus de 80% de nos hommes et femmes politiques sont des fonctionnaires qui n'ont aucune notion des difficultés que peuvent rencontrer les salariés du privé. Ils n'ont aucun problème pour se "recaser" s'ils sont éliminés par les urnes. C'est encore plus vrai pour les hauts fonctionnaires qui, en plus de leur rémunération de représentant de la nation, cumulent des avantages liés à leur affectation à la sortie de l'ENA. La politique devient alors un métier car il n'y a pas le risque de se retrouver au chômage. Il serait souhaitable que nos énarques fasse un "stage de chômeur en fin de droits". Cela leur permettrait de comprendre un peu mieux la dureté de la vie d'un salarié du privé et aussi d'éviter de voter des lois et des décisions proche de la "débilité".

2. France, qu'avons-nous fait de tes richesses ?

Dans le rapport qu'il présentera lundi 12 février à l'ouverture de la conférence annuelle des finances publiques, le député UMP Gilles Carrez estime que le vieillissement de la population rend impératif une maîtrise accrue de la dépense publique. En trente ans souligne Gilles Carrez, le poids de l'endettement public dans le revenu national a triplé passant de 21% du PIB en 1978 à près de 65% fin 2006. Cette augmentation est la source de grandes et profondes inégalités entre les générations. C'est ainsi que les jeunes qui auront vingt ans en 2010, entreront sur le marché du travail avec une dette deux fois plus lourde que celle de leurs grands-parents ! Le rapport préconise une stratégie à moyen-long terme qui comporterait à la fois des réformes structurelles et une maîtrise des dépenses. Mais les Français et les candidats à la présidentielle semblent très éloignés de ces préceptes de bonne gestion.

3. Le Da Vinci Code Royal...

Depuis un an les médias nous bassinent avec une candidate madone des Français, au-dessus des contingences et dont la couleur fétiche est le blanc. Cette parodie religieuse a été entretenue par elle avec un certain bonheur. On se souvient des photos de Ségolène Royal "encapuchonnée" dans son manteau blanc sur la Grande Muraille de Chine. Ces comparaisons un peu scabreuses semblent s'estomper car notre candidate qui s'était vu "marchant sur l'eau" semble maintenant nager dans l'eau. Nous attendons tous avec impatience qu'elle revienne sur terre pour nous présenter son programme. Attention qu'à trop attendre, les Français ne la coulent pas !

4. To be or not to be !

A quelques heures de la présentation des grandes lignes de son programme, tout reste à faire pour Ségolène Royal qui est devancée par Nicolas Sarkozy dans les derniers sondages. Après les critiques sur sa campagne par la droite mais aussi par la gauche et d'une dizaine de sondages consécutifs la donnant battue par Nicolas Sarkozy au deuxième tour, l'intervention du 11 février reste très attendue. Ce sera le discours de Villepinte avec l'aide d'une escouade de "plumes" diverses dont celle de l'académicien Erik Orsenna. Sera-t-elle ou ne sera-elle pas à la hauteur du "désir d'avenir" des Français ?

5. De quoi j'me mêle !


Jack Lang, conseiller spécial de Ségolène Royal est allé remettre un message d'amitié au président Algérien Bouteflika de la part de la candidate socialiste. Il a déclaré dimanche dernier que la France avait un "devoir de réparation historique" à l'égard de son ancienne colonie. Cette déclaration a suscité des réactions indignées. Interrogé sur la pertinence de telles paroles, François Bayrou a jugé qu'il s'agissait là d'une "grave imprudence". "Chaque fois qu'on essaie d'instruire le procès, en injuriant ou en insultant ceux qui ont donné leur vie", qui ont participé à "un effort dont je rappelle qu'il était l'effort de la République et spécialement de la gauche, on creuse à nouveau les blessures du pays". Faut-il le rappeler, la colonisation de l'Algérie a longtemps été menée par la gauche française pour se terminer sous la droite en 1962, il y a 45 ans. A part Monsieur Bouteflika et quelques autres anciens combattants, combien d'Algériens se souviennent de cette période, et étaient-ils plus malheureux qu'aujourd'hui ? Il est grand temps de tourner la page, d'arrêter l'auto flagellation de même que la repentance et d'arriver à ce que la France et l'Algérie se regardent comme des partenaires égaux. On ne vit pas dans le passé !

6. Jean-Marie Le Pen serait un candidat centriste !

Que ne ferait-il pour attirer les électeurs ! "Je suis un homme de centre-droit"... "ce n'est pas moi qui me suis déporté vers l'extrême droite, c'est le corps politique français qui s'est déplacé vers la gauche", a dit Jean-Marie Le Pen. Le Front National sous la houlette de Marine Le Pen, sa vice-présidente, est en train d'effectuer une mue phénoménale. Serait-ce la bonne formule pour participer au second tour ? Le FN vire à bâbord et à tribord pour attirer les électeurs. Fort d'un bon potentiel d'électeurs communiste et autres gauches, il fait un clin d'oeil aux électeurs de droite et du centre en gommant toutes les aspérités des programmes des campagnes précédentes. Le vieux chef serait-il devenu sage ou l'appât du pouvoir lui ferait-il renier ses idées extrémistes qui ont musclé son fond de commerce. Attention à la couleur caméléon !

7. "J'ai une question à vous poser "

L'émission politique de TF1 qui s'est déroulé le lundi 5 février a été un succès et Nicolas Sarkozy, premier invité, a été excellent. Il s'est montré compétent, courageux et il a défendu ses convictions et ses positions avec beaucoup de talent. Il a fait preuve d'une grande capacité de maîtrise de soi et à aucun moment, il n'a perdu son sans froid, son calme, son humour et sa courtoisie. On peut regretter que ce débat ait été surtout franco-français et plus recroquevillé sur des problèmes très terre à terre. A aucun moment une question concernant le devenir de notre pays sur la scène européenne et mondiale n'a été posée à l'exception d'une brève interrogation sur l'Iran. Les "questionneurs" n'ont montré aucun intérêt pour les enjeux de géostratégie. Rien sur la menace terroriste, les risques d'explosion au Proche et au Moyen Orient, rien concernant l'émergence à l'Est de géants économiques et politiques ou le retour de la Russie dans le jeu international, pas plus que sur l'impact du développement de l'Inde, du Brésil ou de la Chine, encore moins sur notre avenir en Europe et dans le monde. Au dire des dirigeants de TF1, le "panel des 100" se voulait un échantillon de la société française. Il est affligeant de constater le peu d'intérêt que nos concitoyens ont pour les enjeux d'une planète sur laquelle nous vivons. On ne peut pas en tenir rigueur à Nicolas Sarkozy. Seulement il est regrettable que ce type d'émission aboutisse à un tel défaut de vue et limite notre vision à la bulle française.

8. L'air est plus sain dans les lieux publics.


Une semaine après l'entrée en vigueur de l'interdiction de fumer, l'air que l'on respire dans les lieux publics est meilleur. "La fumée du tabac est la cause principale de la pollution des lieux publics et dès qu'on la supprime, le local n'est plus pollué, du jour au lendemain", souligne le professeur Dautzenberg, président de l'Office français de prévention du tabagisme. "La pollution par les petites particules a globalement été divisée par trois et celle par les très petites particules par quatre, soit une dépollution massive de l'air", note-t-il. Aux premiers jour des nouvelles mesures anti-tabac, les fumeurs sont partagés entre agacement et résignation. Certains dénoncent l'intolérance vis-à-vis des fumeurs, d'autres trouvent normal que les entreprises interdisent la cigarette.

9. Les boules puantes !

La campagne électorale se situe au raz des pâquerettes. Les scudes pleuvent à droite, au centre et à gauche. Aucun candidat n'y échappe. Comme à chaque élection présidentielle, les boules puantes se multiplient. Le Général de Gaulle disait : "Ceux qui les lancent finissent par sentir plus mauvais que ceux qui les reçoivent". Souhaitons que les candidats et leurs entourages réussissent à remettre la campagne sur des rails propres et que les vrais sujets soient enfin abordés.

Henri Pauvert.
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# Posté le samedi 10 février 2007 19:53

Il faut sauver le champion Thuram (des manipulateurs racistes).

Le hasard d'une recherche sur Internet m'a fait tomber sur Le petit Journal de Montmain, et sur d'intéressants témoignages qu'il publie, de personnes présentes à l'un des Léwozs donnés sur sa propriété d'Anse Bertrand par Lilian Thuram.

Les personnes qui témoignent s'interrogent : Lilian Thuram était-il d'accord avec les manifestations de racisme, (notamment du fait d'un animateur de RFO-Guadeloupe. Rappelons la condamnation par le CSA, après plainte de l'architecte Michel Corbin, d'une émission de janvier 2006, B.World connexion, consacrée à l'intellectuelle raciste Ama Mazama, et dirigée par Brother Jimmy, grand admirateur de Thuram. Notons aussi que la mise en garde du CSA a été totalement passée sous silence en Guadeloupe, sur RFO, mais même sur RCI, malgré la présence sur cette antenne du grand éditorialiste matinal (et antiraciste) Thierry Fundere. Seul un entrefilet de 5 lignes dans une petite rubrique de 3ème page de France-Antilles, et quelques articles du Scrutateur, en en fait mention), où a-t-il été intimidé par les vociférateurs?

La question reste posée. Et, aujourd'hui je n'ajouterai pas d'autres commentaires.

Edouard BOULOGNE.


Lisez plutôt :

Numéro 382, du 31 juillet 2006



LILIAN THURAM,
CHANTRE DU RACISME ANTIBLANCS ?



Ma charmante amie Jade, qui aime la Guadeloupe et les Guadeloupéens autant que moi, m'envoi un message assez désespéré. Étant définitivement à l'abri de toute tentation raciste, elle a été particulièrement choquée par une réunion tenue à Anse-Bertrand, en l'honneur de l'un de ses enfants, Lilian Thuram. Sous prétexte d'honorer le valeureux footballeur, qui vient de prendre une retraite glorieuse, un présentateur de R.F.O Guadeloupe haranguait la foule avec des propos d'un racisme antiblancs exacerbés. Ma gentille et sans doute naïve amie, se demande si Thuram était complice de cette manifestation de haine indépendantiste.
Mais voici son message :

Paul,

J'aimerais partager un ressenti et le faire savoir.
Hier, samedi, nous étions au Léwoz de Lilian Thuram, à Anse-Bertrand. 6.000 personnes étaient présentes, tous les médias étaient aux postes.
Thuram était assis devant le podium, avec son fils, ses amis et famille et Gallas (son coéquipier à Chelsea).

Des artistes défilaient depuis 20 heures, une nouvelle tendance musicale (mais pour moi ce n'est pas de la musique), le SLAM, composé d'un texte accompagné par un gwoka, occupait le podium. Un animateur, qui fait de la radio et une émission sur télé Guadeloupe, présentait tous ces artistes.

À propos de ce Slam, un sentiment étrange nous a envahis, en raison des propos des textes, comme, par exemple, une Guadeloupéenne qui dénonçait le racisme subit par les Nègres en Métropole. Un petit aperçu de ces propos :
"Il ne faut pas que les Nègres trempent leurs visages dans le lait ou se marient avec des Blanches et les Négresses ne doivent pas faire d'enfants avec des Blancs, car ils sont Nègres et resteront Nègres et seront toujours méprisés par des blancs." Ce Slam s'appelle Coups-Leurres (coups pris par les Blancs) et leurres (le fait de devenir métis n'est, à son sens, qu'un leurre).

L'animateur, très engagé pour ces textes, devant cette foule qui ne manquait pas de soutenir ce genre de propos, fit la promotion d'un livre du roi des Belges, Léopold II, en lisant un passage en direct - le plus dur bien sûr !!! - sur la domination blanche dans les colonies africaines.
Ces propos d'une extrême violence psychologique ne peuvent que maintenir la haine raciale dans une communauté déjà très marquée où la mémoire du passé est encore très fraîche !

Note du Rédacteur, information prise sur http://fr.wikipedia.org/wiki/ :
Léopold II, roi des Belges (Louis Philippe Marie Victor), Prince de Belgique, Duc de Saxe, Prince de Saxe-Cobourg-Gotha, Duc de Brabant, Empereur personnel du Congo de 1884 à 1908, (9 avril 1835 - 17 décembre 1909), a succédé à son père, Léopold Ier, sur le trône belge en 1865. Sa mère était Louise d'Orléans. N'ayant pas de fils, c'est son neveu, Albert Ier, qui lui succéda à sa mort.
Le monarque fut surtout connu pour avoir eu sa propre colonie privée, l'état indépendant du Congo, sur lequel il exerça sa souveraineté de 1884 à 1908. Les Congolais furent forcés de récolter le caoutchouc, produit très demandé à l'époque. Cette colonie privée permit au roi de s'enrichir considérablement. Nombre de bâtiments et de monuments bruxellois furent construits par le "roi-bâtisseur" grâce à cet argent tiré de l'exploitation des ressources du Congo. À la suite d'une campagne internationale menée par les Britanniques, notamment Edmund Dene Morel, dénonçant le traitement brutal et inhumain des populations locales par les coloniaux, ajoutée au rapport Casement, la position du Roi devint intenable. Il finit par céder la souveraineté du Congo à la nation belge. Le gouvernement belge renomma le territoire Congo belge.

Nous étions venus pour nous détendre, écouter un bon Léwoz avec des amis antillais et nous nous sommes retrouvés face à un semblant de meeting indépendantiste, qui d'ailleurs à surpris et même choqués nos amis antillais.
En tant que Blancs, nous sous sommes sentis mal durant toute cette partie du soi-disant spectacle, car nous attendions le Léwoz avec impatience, mais... Nous n'étions pas encore au bout de nos surprises quand l'animateur vedette nous présenta, sur scène, un rescapé de mai 67 (manifestations de Pointe-à-Pitre) qui prit une balle d'un policier Blanc et nous donna son témoignage sur ces événements.

Note du Rédacteur, information prise sur http://fr.wikipedia.org/wiki/ :
Le 27 mai 1967, la Guadeloupe se relève à peine du passage du cyclone Inès, en septembre 1966. Des ouvriers du bâtiment se mettent en grève pour demander une augmentation. Les négociations, qui se tiennent depuis le début mai, n'aboutissent pas. Une rencontre est programmée pour le vendredi 26 mai, à la Chambre de Commerce, entre le syndicat CGTG et le patronat, emmené par Brizard. Les ouvriers demandaient 2 % d'augmentation. Les négociations échouent. La situation dégénère. La foule, massée devant la CCI se révolte. Des CRS arrivent, une émeute éclate. Coups de crosses de fusil, pierres, gaz lacrymogène, bouteilles, conques de lambi sont échangés. Les CRS tirent. L'une des premières victimes fut Jacques NESTOR, militant du GONG, très populaire à Pointe-à-Pitre. D'autres tombent, parmi lesquels Pince-Maille, Taret. Rapidement, les affrontements s'étendent à toute la ville.
Jusqu'à récemment, les services officiels faisaient état de huit morts. Le nombre exact de morts resta longtemps secret. Ce n'est qu'en 1985 qu'on sut que le nombre était d'au moins 87 morts. Les jours qui suivirent donnent lieu à une vague d'arrestations, notamment parmi les militants du GONG, qui sont emprisonnés, inculpés, et envoyés en métropole pour atteinte à l'intégrité du territoire national.

Sur ce... Nous sommes partis sans voir le Léwoz, il était 0 heure 30.

Je ne sais pas si Thuram se rendit compte de ce qui se passait et la portée des propos que nous avons entendu, mais il était là... Assis comme tout bon V.I.P et Galas était derrière moi, noyé dans le public ( peut-être était-il gêné ?). Je souhaiterais faire parvenir ce message aux oreilles de Thuram, qui milite contre TOUTE forme de racisme, car je me demande s'il s'est rendu compte de ce qui se disait.

En conclusion, ce genre de choses est dangereux comme le style de Diam's, ce sont des porte-parole d'une génération qui entretient cette forme de racisme et peut même parvenir à soulever un mouvement de révolte. Quand 6.000 à 8.000 personnes entendent un leader qui cautionne de tel propos et fait chauffer une foule avec des sentiments qui peuvent amener à la haine raciale !
Heureusement tout s'est bien passé mais un public lassé, déçu et des touristes, venus assister à ce spectacle, nous ont paru très déconcertés, comme nous, ils n'étaient pas venus pour cela.

Parle haut et fort de ce à quoi j'ai assisté !

Ton amie affectueuse,
Jade.

Après cette déclaration, de la jolie Jade, qui a le mérite du vécu et de la sincérité, j'ai quand même plusieurs remarques à faire.

--- Premièrement, si j'en crois la définition du mot Léwoz :

Les soirées Léwoz : Langage musical d'origine africaine né lors de la traite des Noirs, le gwoka est la musique traditionnelle de la Guadeloupe. Elle se joue principalement sur des ka accompagnés du tibwa, des cha-cha, du siyak ...
Après une rude semaine passée dans les champs à couper, amasser et charroyer les cannes à sucre, les Nègres se regroupaient le samedi soir sur l'habitation pour chanter et danser au rythme des ka afin d'oublier, l'espace d'une nuit, leurs difficiles conditions de vie. C'est ainsi que naquirent les soirées léwoz.

L'emploi de ce terme, pour qualifier la manifestation d'Anse-Bertrand, donnait un peu la coloration de ce qui allait suivre.

--- Anse-Bertrand, commune voisine de Port Louis, était le fief des indépendantistes dans les années 80. Bien que la raison et la conscience des nécessités l'aient emporté dans les esprits des habitants du Nord de Grande-Terre, il semble évident que leurs c½urs ne se seraient pas transformés en si peu de temps. La lecture d'un écrit de Léopold II, de Belgique, sans doute le pire colonialiste que l'on ait connu, puisque même les autres colonialistes ont dû lui demander de se calmer, ne pouvait que soulever leur juste colère. L'organisateur de cette soirée devrait nous expliquer quelle est l'actualité d'un tel texte et son intérêt pour les habitants de la Guadeloupe.

--- La radio et télévision nationale R.F.O, comme sa cousine corse, fait le lit des indépendantistes, dans tous les départements d'outre-mer où elle est représentée. De même que France Inter diffuse les émissions les plus extrémistes de gauche du panel médiatique des radios de langue française. Nous retrouvons-là, le fameux problème des intellectuels de gauche, que je ne cesse de dénoncer.
Un exemple : pas plus tard qu'hier au soir, dimanche, le journal télévisé de R.F.O Guadeloupe avait un invité pour parler de façon impartiale des événements du Liban. Qui était celui-ci ? Je suis convaincu que vous n'y auriez pas pensé : le consul de Syrie en Guadeloupe !

--- Lilian Thuram, que je ne connais pas personnellement et dont j'ignore les opinions politiques, me semble d'autant plus suspect qu'il a des liens privilégiés avec le gouvernement de droite actuel (et surtout son Président). Quand on sait la passion qu'on toujours eu les gouvernements successifs pour les indépendantistes, auxquels ils déroulent volontiers le tapis rouge, cela ne plaide pas en sa faveur.
Le compte-rendu de la manifestation d'Anse-Bertrand, par le journal télévisé déjà cité, m'a appris que Thuram était l'organisateur et le producteur du spectacle. Il est donc complètement exclu qu'il ait pu être la victime innocente d'un piège tendu par de vilains indépendantistes.
Ce ne serait pas la première fois que l'on ait à déplorer que la lutte contre le racisme, menée actuellement par des Noirs (ils préfèrent le mot "Nègres"), soit en réalité une violente agression raciste antiblancs, quand ils ne déversent pas, au passage, une partie de leur haine sur les Juifs.
Thuram un pilier du racisme antinoirs ? Pas de problème. Thuram un antiracistes tout court ? Cela reste à démontrer, la réunion d'Anse-Bertrand ne plaide pas en faveur de cette thèse.

Tout cela dit, la féroce répression des manifestations de mai 67, à Pointe-à-Pitre, n'est pas à l'honneur du général De Gaulle. Mais, comme dirait mon ami Jean-Dominique : "S'il n'y avait que cela !..."
Un an plus tard, en mai 68, le courageux défenseur de l'intégrité du territoire courrait se réfugier à Baden-Baden, près de son ami Massu, parce qu'une poignée d'étudiants français mettaient à sac les Champs-Élysées.



DROIT DE REPONSE :


Un ami Guadeloupéen, "exilé" à la Réunion, Ruddy, nous fait remarquer que la première partie de la chanson (?) de la jeune afro-antillaise Delphine II, est inspirée du premier couplet de "Black and White", une chanson de Serge Gainsbourg :

Une négresse
Qui buvait du lait
Ah ! Se disait-elle,
Si je le pouvais
Tremper ma figure
Dans mon bol de lait
Je serais plus blanche
Que tous les Anglais !


D'autre part, il nous invite à écouter le Slam de cette chanteuse, pour juger de la fidélité du commentaire que nous en a fait Jade :
http://www.dailymotion.com/video/x7yja_des-coupsleurres


Et Ruddy affirme :


Personnellement, j'interprète les propos de la slameuse de la manière suivante :
Ce n'est pas parce qu'un individu noir s'unit avec un individu blanc, qu'il en tirera forcément une quelconque ascension sociale, ou que les enfants métis issus de cette union échapperont au racisme et aux discriminations (il y a en effet encore des gens de couleur, notamment des noirs, aussi bien à la Réunion où je vis, qu'aux Antilles, qui le pensent, si vous ne le saviez pas, je vous l'apprends).
À aucun moment, la slameuse ne préconise de ne pas s'unir avec un blanc (ou avec une blanche).


Mon cher Ruddy, je ne doute pas que ton interprétation du texte soit la bonne, mais, d'une part :
--- Jade n'a pas pris des notes sur place et n'a tenté que nous faire part du malaise que la chanson a provoqué en elle ;
--- D'autre part, il y a beaucoup de points qui restent litigieux, dans ce léwoz, même si on excluait cette chanson.

Pour montrer que Jade n'a pas été la seule choquée par cette soirée, voici un autre compte-rendu, tout à fait indépendant, que Jade a découvert, après m'avoir écrit, sur un forum :


Bonjour,

À mon plus grand étonnement, j'ai subi le racisme en Guadeloupe !
J'étais au léwoz organisé par Lilian Thuram, à Anse Bertrand, quand j'ai eu le droit aux propos déplacés, voire xénophobes, du présentateur (qui apparemment a un passé qui concorde avec ses propos) et des personnes qui se sont emparées du micro. Moi qui étais venue à une représentation de gwoka, j'entendais des choses qui me blessaient au plus haut point !
En plus le léwoz était organisé en commémoration de l'abolition de l'esclavage ! Et leurs propos étaient similaires aux propos lepénistes !
J'ai été déçue par le comportement de Thuram qui n'a fait aucune référence aux propos qui l'ont précédé quand il a eu le micro. En effet, le présentateur a lu un texte de Léopold II, roi belge, de je ne sais quelle année, où il traitait les noirs de moins que rien ; ça n'était pas actuel et hors de propos.
J'ai vécu avec des Antillais pendant mes vacances, ils m'accompagnaient à cette occasion, ils étaient mal à l'aise pour moi. Je sais que ce n'est pas une généralité, ils ne sont pas tous racistes ; ce qui me gêne c'est que les indépendantistes profitent des manifestations publiques de divertissement pour faire leur propagande et que les personnes publiques, adulées et respectées comme Thuram, approuvent ce qu'ils disent. Qui ne dit mot consent ! De plus, en tant qu'organisateur, il savait quelles personnes auraient le micro en main, entre autres des indépendantistes.
Thuram se dit "pro noir" d'après les dires des Antillais, mais je crois qu'il dévie sur le "anti blanc" ; lui qui n'est jamais en Guadeloupe ! Il leur fait plus de mal que de bien !
Car la Guadeloupe est à l'abandon, sale, pas entretenue, les touristes inexistants à part sur les trois plages touristiques ! Rien à voir avec ce que j'ai vu sur les photos d'il y a 10 ans !
Je comprends que les extrémistes montent quand il y a une crise économique et sociale, mais à ce que je sache Thuram n'est pas dans la misère !
Moi, qui étais fière de cette île, je ne peux avoir que de la compassion à présent !

http://www.routard.com/comm_forum_liste_messages/debut/0/forum/23.htm



Je ne peux que saluer le courage de cette déclaration de Claire, faite sur deux forums antillais. Je m'y suis essayé en mon temps et j'ai vite compris, qu'à quelques rares exceptions près, les jeunes Antillais, vivants à Paris, ne communiquent que par des excommunications et des injures. La plupart d'entre eux ne connaisse pas la Guadeloupe, ce qui ne les empêche pas d'avoir des idées très arrêtées sur elle et de transposer leur malaise des banlieues métropolitaines, dans notre archipel où la situation n'est absolument pas la même. Heureusement, des Guadeloupéens vivant en France métropolitaine, et même souvent nés là-bas, découvrent la Guadeloupe, pendant leurs vacances et constatent la réalité des choses. Aucun de ceux avec lesquels j'ai discuté, n'accepterait de revenir s'installer ici. Leur européanisation les excluant définitivement des modes de vie et de pensées (et surtout de leurs rapports avec le travail) de leurs parents restés sur place.

# Posté le samedi 10 février 2007 11:51

Modifié le samedi 10 février 2007 14:43

Toutes nos excuses.

Depuis une dizaine de jours, par suite de problèmes techniques, imputables à Skyblog, Le Scrutateur ne dispose pas des moyens d'illustrer ses articles.
Skyblog est averti.
Souhaitons que cet inconvénient ne dure pas trop longtemps.
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# Posté le vendredi 09 février 2007 08:47

Modifié le samedi 10 février 2007 14:41

La gauche et le racisme : un "jeu" dangereux.

La gauche et le racisme : Un "jeu" dangereux!

(Le Scrutateur n'est pas un parti politique, ni l'organe d'un parti politique quelconque. Il ne prendra pas position, à l'occasion des élections présidentielles pour un quelconque candidat, même s'il est facile, compte tenu de sa philosophie générale, de savoir pour qui, en tous cas, il ne votera pas. Notre but est de contribuer au débat, en évitant les coups bas, et en réfléchissant avec esprit critique, de contribuer à en élever le niveau.
On a constaté, ces derniers temps, le rôle navrant que semblent accorder à cette méprisable passion qu'est le racisme certains candidats, ou leurs partisans.
Il est permis, par exemple de regretter que notre beau footballeur Lilian Thuram, se laisse manipuler par des professionnels de la politique politicienne, en attribuant à Nicolas Sarkozy, contre toute évidence, une mentalité "raciste".
Certains, véritables inconscients, jouant avec le feu, tentent de faire du racisme une arme politique. Savent-ils ce qu'ils font? Hélas! C'est le cas pour certains.
On se reportera aux articles récents du Scrutateur sur ce problème [ Avez-vous la scarlatine? ou l'article sur l'affaire Georges Frèche, ou l'intervention de la "racialisation dans la campagne électorale").
Pour contribuer à la réflexion nous publions ci-dessous une étude parue dans Désinformation hebdo, l'organe de l'Institut d'Etude de la Désinformation. Il montre l'instrumentalisation du racisme par une certaine gauche, issue du marxisme.
Dans les jours qui viennent, Le Scrutateur publiera d'autres études de fond sur le problème du racisme. Edouard BOULOGNE).


RACISME : LE JEU DE LA GAUCHE.

Au moment où une nouvelle campagne électorale commence à occuper les esprits, le site internet Racisme antiblanc analyse les raisons pour lesquelles la gauche a besoin de ce racisme pour exister.

Depuis deux décennies, une transition et un recentrage s'opèrent dans la pensée idéologique et le discours politique de gauche, d'une compréhension de la société en terme de lutte des classes, dans laquelle «les bourgeois» tenaient le rôle de bouc émissaire, à une lecture raciste, en terme de lutte des races. Dans cette nouvelle vision des rapports humains, le blanc «nanti» a remplacé le bourgeois d'autrefois. La personne de couleur, ou juive a pris la place du prolétaire d'antan. Pour comprendre les raisons qui ont conduit à cette dérive raciste de la gauche française, il faut prendre en compte les événements historiques, démographiques et politiques qui ont marqué la fin du 20ème siècle et le début du second millénaire.

Au début des années 90, les bilans du communisme et du socialisme apparaissent dans toute leur horreur. Partout où ils sont parvenus au pouvoir, les communistes ont instauré comme méthodes politiques la dictature, la torture, la censure, le goulag et la corruption. Ils ont anéanti la vie économique de tous les pays où leur délire planificateur a eu libre cours ; ils ont fait des êtres humains placés sous leur gouvernance des esclaves soumis aux famines organisées et aux génocides sociaux programmés.

Sous les applaudissements des militants des partis «frères» d'Europe de l'Ouest, ils ont assassiné au minimum 80 millions d'êtres humains. L'idéologie marxiste est en faillite morale aux yeux de la population et pour la première rois, le concept de lutte des classes n'est plus fédérateur mais, au contraire, devient un repoussoir, à cause du cortège de massacres et de génocides sociaux qu'il a provoqués. Le communisme est largement déconsidéré : on sait désormais qu'il a échoué, dans tous les pays où il s'est hissé au
pouvoir, à apporter la moindre amélioration au sort de l'humanité.

Simultanément à cette grande reculade du communisme, le parti socialiste, en adoptant une orientation politique pro-européenne cesse d' exister autrement que dans le virtuel. L'adhésion d'un pays à l'Europe implique en effet, quel que soit le parti politique qui dirige ce pays, qu'il se conforme à des règles communes. Avec la mise en place de l'Euro, les critères de convergences imposés aux économies des pays de la zone Euro limitent la marge de man½uvres économiques et politiques des équipes dirigeantes, ce qui explique la similitude flagrante des politiques de la gauche plurielle et de la droite modérée.En fait, C'est la même politique, celle des critères de convergence imposés par l'Europe, ce qui explique pourquoi la cohabitation de la gauche socialiste et du RPR est possible : il s'agit en fait des deux têtes du nouvel aigle bicéphale de la politiquefrançaise, qu'on pourrait nommer le Parti Unique Européen.

Menacée de disparition à terme, la gauche française ne pouvant prétendre offrir une véritable alternative sociale et économique à ses alter-ego des droites pro-européennes, va recentrer son discours autour de la question raciale, ce qui lui permettra de retrouver le schéma clef de tous ses vieux slogans. L'arrivée au sommet des appareils politiques des soixante-huitards de la gauche plurielle explique la facilité avec laquelle s'est opérée cette transition.

Les membres de cette génération, en effet, n'ont pas grandi au temps des grandes luttes sociales des années trente, menées par leurs concitoyens, mais pendant la période de prospérité de l'après guerre. Elevés, contrairement aux générations qui les précèdent et les suivent, sans connaître les privations de la guerre ou la crainte du chômage, entrés dans la vie professionnelle à une époque où il était relativement facile de trouver
un emploi, issus de milieux universitaires et pourvus de ce fait d'un bagage qui, par la suite, les protégera plus que d'autres des rigueurs de la crise économique, enfin se ménageant aux dépens des générations futures une sortie précoce de la vie active, ils forment une population privilégiée et considèrent l'ensemble de la société française à leur image. Pour eux, l'injustice s'est toujours trouvée ailleurs que dans leur assiette : leurs héros sont des figures du tiers monde : Mao Tse Toung, Fidel Castro, Che Guevara ou Gandhi.

L'esprit moulé par le simplisme de la pensée marxiste, ils sont incapables de remettre en question une vision désormais obsolète du monde, mais aussi d'aborder la complexité de l'après-mur : politiquement, on peut dire qu'ils fonctionnent, au propre comme au figuré, selon un schéma Prolétaires / bourgeois, Bons / Méchants, Noirs / Blancs...

A cette génération qui devra faire face à deux crises d'identités successives (l'abandon d'une politique économique de gauche puis la fin du communisme), qui se révélera incapable d'apporter la moindre solution au chômage, l'apparition de deux autres problèmes, l'insécurité et l'immigration, va permettre d'éviter les remises en question douloureuses. Pour se démarquer de la droite pro-européenne avec laquelle elle a plus de points communs que de points de divergences, et pour compenser la perte d'influence d'un parti communiste discrédité par la prise de conscience dans l'opinion de l'escroquerie morale à laquelle il s'est livré, la gauche va inventer un nouveau clivage. Elle se déclare «antiraciste» face à la droite «raciste». Le récent succès des verts illustre parfaitement ce point : stagnants depuis des années à cause de leurs idées qui n'entraient pas dans le clivage traditionnel gauche / droite, ils n'ont effectué une véritable percée électorale que le jour où, reléguant au second plan leurs discours écologistes et donnant la priorité aux problèmes des immigrés sans-papiers, ils ont su habilement tirer parti de l'immigration pour se rendre identifiables aux yeux des électeurs.

Les Verts incarnent parfaitement la situation de la gauche française : sans la défense jusqu'au-boutiste de l'immigration sous toutes ses formes, ils n'existent pas. Pour imposer le clivage «gauche antiraciste» contre «droite raciste», la gauche française va utiliser principalement deux stratégies : D'abord, elle pose sur le problème de l'immigration une grille de lecture héritée de la décolonisation. Elle adopte une lecture raciale des conflits sociaux.

Un dessin de Cabu, pour la couverture d'un ouvrage intitulé « Pour en finir avec le travail» illustre parfaitement la nouvelle vision sociale, raciale et historique de la gauche. Sur une première image, qui dépeint le passé de l'humanité, on voit un de ses personnages fétiches, le gros «Beauf» français, en tenue coloniale, fouettant un Asiatique, un noir et un Amérindien (tous trois dépeints avec les stéréotypes racistes les plus éculés).
Sous cette vignette, une seconde : les quatre personnages sont représentés en costumes d'hommes d'affaires et le Beauf semble effrayé par les trois autres hommes (toujours caricaturés en utilisant des stéréotypes racistes) avec lesquels il est désormais en compétition. Il n'est plus question, dans cette nouvelle histoire du travail, d'une lutte des classes mais bien d'une lutte des races.

Après avoir racialisé le débat social, la gauche va se livrer à une savante instrumentalisation du génocide juif par les nazis. Ceci lui permettra de recycler sans effort le discours antifasciste, typique de la gauche et utilisé pendant des années au sein du parti communiste français par les négationnistes du goulag. Elle présente la politique nazie de déportation des Juifs comme présentant des similitudes avec les problèmes de l'immigration. La couverture médiatique du procès Papon est révélatrice de cette méthode qui cherche à créer la confusion dans l'esprit des citoyens. La démarche se poursuit aujourd'hui avec succès.

# Posté le vendredi 09 février 2007 08:42

Modifié le vendredi 09 février 2007 20:16

Littérature : La migration des coeurs, de Maryse Condé, par Edouard Boulogne.

Une lecture de « La migration des c½urs » de Maryse Condé. (Editions Robert Laffont).



« La migration des c½urs » est un livre qui compte dans l'½uvre, quantitativement importante, de Maryse Condé.
La trame de l'action est inspirée à l'auteur, grande admiratrice de la littérature anglaise, par l'½uvre ténébreuse et fascinante d'Emily Brontë « Les hauts de hurlevents ».

L'histoire se déroule dans la Guadeloupe du premier tiers du 20è siècle, au temps où la politique guadeloupéenne n'est pas de tout repos, où s'affrontent les hautes statures d'Hégésippe Légitimus, Achille René-Boisneuf, Eugène Graeve, dont on reconnaît ici et là, les silhouettes caricaturées.

L'habitation l'Engoulvent, sise sur une lande désolée près des falaises de Petit-Canal et de l'Anse Bertrand en Guadeloupe, remplace Hurlevent, et les personnages de Razié, Cathy de Linseuil, ou Justin-Marie, ceux de Heathcliff, de Catherine Earnshaw, ou Hareton.

Maryse Condé, qui a lu Gide, et qui semble partager l'opinion selon laquelle on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, donne libre cours à un pessimisme qui semble assez profond chez elle sur la nature humaine.

L'ouvrage est parcouru aussi par une sensualité torride et par l'étouffant ressentiment qui fut celui d'Heathcliff, qui est celui de Razié, qui en vit, qui en meurt, qui est celui de nombre de personnages de l'histoire, pour des raisons qui s'enracinent, du moins dans la pensée de l'auteur, dans les séquelles d'un passé d'esclavage encore proche. Aussi ne prêterons nous pas à l'auteur les propos ou ruminations racistes qui sont souvent celles de ses personnages (même si certaines de ses déclarations antérieures l'exposent à une telle interprétation).

On peut, en revanche, estimer leur psychologie trop simple et caricaturale ; en particulier celles des blancs créoles (on dit « békés » en Martinique) dont Maryse Condé nous offre une image trop sombre (si j'ose dire), trop simpliste, empruntée à l'arsenal des joutes électorales de l'époque ou des chroniques politiques de la gauche la plus bête du monde, celle de la rive gauche de la Seine ou du journal l'Endependans des années 1980.
Seul le planteur Aymeric de Linseuil échappe à la moulinette condienne ; et il faut reconnaître que notre personnage, si sympathique soit-il, est un peu falot. On regrettera aussi que, cédant à une certaine mode littéraire l'auteur n'écrive ni en créole ni en français, mais dans un français mâtiné de créole, qui fatigue vite, comme tout ce qui relève du procédé systématique.

Passons sur les « krasurs de terre » (on aurait pu écrire « krazi », c'est-à-dire « miettes », « débris »), ou les « bondas » (« cul », « derrière »), clins d'½il de l'écrivain créole qui aurait sans doute besoin d'être traduit pour le lecteur non créolophone.

Mais on ne voit pas ce que l'abus d'expressions comme « nous nous levions avant le devant-jour » (pour « avant l'aurore »), ou « nos corps étaient tellement krazés » (pour « épuisés ») ajoute à la qualité de l'½uvre. Artifices d'écrivain pour dissimuler l'absence d'un « grand style » ?

Ne chipotons pas trop tout de même ! Madame Condé sait tenir en haleine son lecteur. On la lit facilement, avec plaisir souvent, et agacement parfois.
Et puis « La migration des c½urs » donnera aussi l'envie de lire, ou de relire le chef d'½uvre de Brontë, qu'elle a eu l'excellente intention de transplanter sous nos cieux turbulents, où s'entremêlent, dans l'air et dans les c½urs, l'aveuglant soleil tropical et les tourbillons cycloniques. Bonne action, si l'on pense que le souci d'enracinement n'est fécond que s'il nous guérit du nombrilisme et nous ouvre à l'universel.

Edouard Boulogne.

# Posté le lundi 05 février 2007 19:13