Commémoration de l esclavage : ce sera le 10 mai.

Commémoration de l'esclavage : ce sera le 10 mai.



I)Une commémoration souhaitable.

Pour la commémoration de l'esclavage c'est donc la date du 10 mai proposée par le Comité pour la mémoire de l'esclavage qui a été retenue, contre celle du 23 mai préférée par le groupe d'associations fédérée par monsieur Serge Romana.
Je suis de ceux qui pensent que l'essentiel est que cette commémoration ait lieu, quelle qu'en soit la date. Certes, il peut paraître injustifiable d'appliquer, rétrospectivement, à des faits qui se sont déroulés il y a des siècles, dans un tout autre contexte mental que celui qui règne présentement, la qualification de « crime contre l'humanité » (qui est apparue, rappelons-le, en 1946, au Congrès de Nuremberg, au procès des crimes du nazisme). Mais que les jeunes Français d'aujourd'hui connaissent leur histoire sous tous ses aspects (sans exceptions certes, il faut le rappeler, en ces temps de « repentance » généralisée, donc aussi les actes positifs et généreux, nombreux !), sans doute cela est-il utile et comporte-t-il même une certaine grandeur, digne de notre pays.

II)Agacements.

 La démarche du Président de la République manque cependant de clarté et de cohérence aux yeux de nombreux observateurs.
Passons sur le ton guindé, compassé, ineffablement compassionnel, de cet homme vieillissant et sous influence.
Il faut, en revanche se demander si le président Chirac est bien logique, lorsqu'après avoir demandé au Conseil constitutionnel d'abroger l'article 4 de la loi du 23 février 2005 sur le rôle positif de la présence française outre mer, au motif que ce n'est pas à la loi d'écrire l'histoire, où plus précisément de fixer, en la matière les bornes du légitime et de l'illégitime, aujourd'hui, devant un aréopage de personnalités politiquement et historiquement « correctes », estime que « l'esclavage doit trouver sa juste place dans les programmes de l'école primaire, du collège et du lycée ». N'est-ce pas là un « fait du prince » qu'on n'attendait pas d'un si grand « républicain » ?
Il y aurait donc des aspects positifs de la colonisation dont on ne devrait pas parler dans les manuels d'histoire (à moins qu'on ne nie qu'ils aient tout simplement pu exister, comme l'autre soir dans l'émission d'Arlette Chabot, le disaient Stéphane Pockrain, et, aujourd'hui à l'Elysée le président de la région Guadeloupe : M. Lurel), et d'autre part les effets négatifs dont il faudrait parler, et plutôt deux fois qu'une !
 Autre sujet d'agacement, souvent éprouvé, mais n'avoué que par un petit nombre : cette revendication de « fils d'esclaves », par des personnalités gavées d'honneurs(au pluriel bien entendu) et de biens (toujours au pluriel, car « sans argent l'honneur n'est qu'une maladie » ! ! ! comme disait le Petit Jean des "Plaideurs" de Racine).
L'esclavage était-il un ordre aristocratique ? Etait-il un état si méritoire qu'on devrait s'en réclamer des siècles plus tard afin qu'un peu du prestige de l'ancêtre rejaillisse même sur ses descendants qui en seraient les plus dépourvus ? Ainsi d'un duc et pair !
L'on comprendrait, en revanche,la recherche en filiation du descendant de tel nègre marron, qui aurait tenté de secouer un joug détestable, ou celle des descendants d'un Delgrès, ou de Solitude.
Mais l'esclavage ne fut qu'un état détestable, qui doit être stigmatisé par tous (avec toutes les précisions nécessaires sur les dangers de l'anachronisme en histoire). Il fut le résultat de la collaboration des négriers blancs européens acheteurs d'esclaves, avec des Africains, leurs maîtres, qui pratiquaient ce négoce depuis des siècles , et qui le pratiquent encore à l'intérieur de l'Afrique contemporaine.
Est-il dès lors interdit de se demander si le titre de « descendant d'esclave », ne serait pas, sinon pour les naïfs, du moins pour les roués, un procédé d'intimidation pour en tirer quelque profit, politique, financier, ou de notoriété ? Reconnaissons que la question mérite d'être posée.
Il faudrait que le public qui est visé par ce discours compassionnel se remémore la leçon de la fable du Corbeau et du renard : que « tout flatteur vit aux dépends de celui qui l'écoute ».

Edouard BOULOGNE.

# Posté le lundi 30 janvier 2006 21:26

Modifié le mardi 31 janvier 2006 05:10

Sur RFO-Guadeloupe : Afrocentrisme en diable! (suivi de PS : Réponse à M."Logne").

Sur RFO-Guadeloupe : Afrocentrisme en diable! (suivi de PS : Réponse à M."Logne").
Sur RFO-Guadeloupe : Afrocentriste en diable !



Hier soir, 25 janvier, sur RFO, à 20h15, heure de grande écoute, émission « Beworld Connexion » de l'animateur Brother Jimmy. L'invitée du jour est madame Ama Mazama.
Cette dame dit n'être pas Guadeloupéenne (on verra plus loin pourquoi) bien que née à Basse Terre, il y a, apparemment 40 ou 45 ans, de parents et grands parents Guadeloupéens. Elle est écrivain, professeur, et enseigne aux Etats-Unis la littérature africaine. Pas sénégalaise, congolaise, ou béninoise, mais a-fri-caine. Excusez du peu ! La culture c'est comme la confiture, moins on en a plus on l'étale !
Ama Mazama est, et se déclare, avec une sorte de flamme froide et concentrée « afrocentriste. L'afrocentrisme est cette idéologie très à la mode actuellement en Amérique , (et donc, à terme partout dans le monde) pour qui l'Afrique est la terre mère, la source de tout bien, de toute bonté. L'Afrique ? Plus exactement la race noire, première « race », chronologiquement, mais aussi moralement. L'homme bon de la mythologie rousseauiste, pour ces idéologues, c'est l'homme noir. L'africain c'est l'homme noir. Le noir comme essence du bien, est aujourd'hui opprimé, écrasé, humilié, aliéné par l'Autre, son antonyme, c'est à dire le mal, c'est-à-dire, le blanc, l'homme blanc.
Ce manichéen et nébuleux discours a eu son homologue, et antithétique, en Europe, dans les années 20 et 30 de l'autre siècle, résumé dans le libre célèbre et délirant d'un autre grand prêtre, Mein Kamph, d'un certain Adoph Hitler ! Pour Adolph, le Bien resplendissait de Blancheur, et la source des maux était une autre essence, une autre « bèt a man Hibè » : la « juiverie internationale », et autres « races inférieures ».
Alors, Ama et Adolph, même combat ? « memn bèt, memm pwèl » ? Et il est impossible quand on décrit ces structures mentales déréglées de ne pas évoquer les élucubrations de monsieur Dieudonné Mbala Mbala (autre invité récent de Brother Jimmy).
Madame Mazama ne se veut pas Française, évidemment ! Elle ne se revendique pas non plus de l'Amérique qui la nourrit (disons plutôt, gentiment, où elle travaille). Mais elle n'est pas Guadeloupéenne non plus ! Voici qui est plus étrange, mais qui se comprend parfaitement dans le cadre de son anthropologie raciste et paranoïaque. En effet, pour elle, « Guadeloupéen » ne veut rien dire. Les blancs originaires de cette île (et les indiens) ne se veulent-ils pas aussi Guadeloupéens ? Comment pourrait-elle se laisser confondre avec ces gens là ? Non, elle est d'essence noire. C'est la couleur qui définit l'essentiel. La couleur noire est la bonne, et le noir c'est l'Afrique. Elle est donc « africaine » !
On peut se demander ce que sont alors les blancs sud africains, et tous ces « arabes » qui peuplent l'Afrique du nord, et l'Afrique de l'est. Sans parler de tous les métis (donc impurs !) dont fait partie d'ailleurs, entre parenthèses, la chère Ama. Curieuse logique, mais logique paranoïaque. Il y a des hôpitaux pour ces malheureux, et des médecins pour les écouter.
L'étrange est que cette logorrhée est offerte, bien au delà de la Guadeloupe, au plus grand nombre, sur les antennes de la télévision publique, où elle sert de relais à des agitateurs dont l'ambition personnelle passe par le fouaillement des malaises de toutes sortes au profit de leurs carriérisme. Notez que madame Azama n'a pas d'élèves blancs. Parce qu'elle n'en veut pas. Elle le dit avec une tranquille assurance, le cynisme d'un docteur Rosemberg, le théoricien officiel, en son temps du nazisme. C'est assez stupéfiant.
Une chose était frappante, durant l'émission, c'était l'attitude nullement professionnelle de l'animateur, toujours tout sucre et miel, n'adoptant jamais la distance professionnelle qui aurait pu donner à son travail une justification informative. Jimmy Brother semblait toujours assentir, communier à la logorrhée. Pourtant l'afrocentrisme n'est qu'une forme de l'hitlérisme. Et je croyais que la propagande pour de telles doctrines était condamnée en France (et ailleurs) comme signe de complicité avec des associations de criminels (contre l'humanité).
Le jeune Jimmy n'aurait-il donc aucun ami à RFO, ou ailleurs, pour lui conseiller de s'engager moins naïvement ( ?) dans des voies si dangereuses (et sans issues), de varier les sujets, et les invités, les tendances politiques et culturelles ?
A quand, par exemple, une rencontre avec Gaston Kelman, ce noir, d'origine africaine, auteur de « Je suis noir, et je n'aime pas le manioc » (éditions Max Milo, 1004), et plus récemment de « Par delà le blanc et le noir » (même éditeur).
Gaston Kelman , se proclame fièrement Français, et Bourguignon, comme jadis Yves Montand (parmi tant d'autres), bon Français, d'origine italienne. Kelman déplore l'afrocentrisme, idéologie, selon lui, tout à fait nuisible aux jeunes Français noirs, et d'ailleurs à tous les noirs, et à l'Afrique. Il pourfend cette essentialisation fétide de la couleur de la peau, ou de caractères morphologiques secondaires. « Ma thèse simple, écrit-il dans « Par delà le blanc et le noir »(Edieur Max Milo, page 42) selon laquelle tous les hommes sont des hommes avant d'être des « couleurs », semble révolutionnaire à certains.(...) .Mais je ne revendique rien d'autre que d'être un homme et non un Noir ». Plus loin, constatant que l'idéologie afrocentriste commence à susciter, parmi les jeunes français noirs, de la méfiance et comme un début de rejet, il poursuit : « Quant à moi, je voudrais me donner une seule et unique mission. Je voudrais participer à cet élan qui reste encore timide, étouffé par la logorrhée d'anathèmes et de rodomontades de ceux qui ont fait leur fonds de commerce de la différence fondée sur la race ; de ceux qui ont fait leur fonds de commerce sur les jérémiades noires ou sur la supériorité blanche. Je voudrais m'inscrire dans la droite ligne de la pensée moderne noire qui est un vibrant appel à l'humanisme et à l'universalisme »(Ibid page 44).
On peut, comme moi, ne pas souscrire à toutes les idées et propositions de Gaston Kelman. Mais tout de même, Gaston ! c'est plus intelligent et plus sain que Mama Mazama ! N'est-ce pas Jimmy ? N'est-ce pas RFO ?

Edouard BOULOGNE.

PS : Brève réponse à M."Logne"

Mais qui rêve "d'empècher les gens de parler" sinon ceux qui, si votre émission de télévision a déplu,(et que vous êtes noir), affectent de soupçonner tout mécontent, s'il est blanc, d'être un raciste, nostalgique du Klux Klux Klan, , ou bien, s'il est noir d'être un compléxé,un "neg à blancs" ou "bounty" (comme vous dites maintenant) !
Allons, monsieur Logne (dont je devine le sourire de commande, bien logé non à Logne, petit village métropolitain, mais dans une petite section de la commune de Baie-Mahault,(Guadeloupe), au morne Bernard, pour être précis). La ficelle est grosse, et ces petits chantages ne prennent pas avec tout le monde, en tout cas pas avec le vieil antillais que je suis.
Je suis contre les "centrismes". Ni eurocentriste, ni américo ou asia ou afrocentriste. Les civilisations qui se sont élevées ici et là ont leurs grandeurs, et leurs ...petitesses! Qui sommes-nous pour nous mettre ainsi au centre du monde, nous prendre pour le NOMBRIL du monde? Soyons modestes! L'afrocentrisme actuel est un racisme, comme celui de certains européens naguère, les Nazis par exemple.
Le discours d'Azama, à l'égard duquel vous avez (au moins) manqué de la distance professionnelle minimum (aveuglé par une passion? j'interroge), était raciste. Point! Imaginez ce que l'on eut dit, si j'avais , moi, déclaré : "je n'ai pas d'élèves noirs, je n'en veux pas. Je n'ai rien à leur apporter, et eux non plus". Oui, M. "Logne", qu'eut-on dit, qu'eussiez-vous dit, vous?
"Il y a dites-vous des blancs afrocentristes. Et alors? Certains d'entre eux sont les "idiots utiles", dont parlaient Lénine("ils iront jusquà nous vendre les cordes avec lesquels nous les pendrons" disaient le grand criminel communiste en parlant de ces gens là) et il y aussi ceux qui ont leurs raisons pour se haïr eux-mêmes. Ces masochistes ont toujours existé. Même chez les Juifs, dont certains collaborèrent avec les furieux eurocentristes de la secte hitlérienne. Je n'évoquerai, pour ne pas être trop long, que Joseph Joinovici, homme d'affaire, et récupérateur de vieux métaux. Fournisseur de l'armée allemande pendant l'occupation il lui avait procuré pour cinq milliards de francs, de l'époque, de ces matériaux, si utiles à la poursuite de la guerre et du massacre des juifs (entre autres!). Indicateur de police, à ses heures, il fut considéré par les Allemands comme "Juif économiquement précieux" (Wirtschaftlich Wertvoller Jude).
Voici la sorte de gens dont vous parlez. Permettez moi de trouver l'argument faiblard.
Et puis, pourquoi vous en prenez-vous à Drucker, à Fogel, à Ardisson? Vous traitez leurs émissions de "Druckeries, Fogelleries", etc! Est-il nécessaire pour se promouvoir de chercher à rabaisser les autres? Où vont se nicher les complexes? Comme disait un grand psychiâtre : l'extrémisme est une tentative de compensation d'un doute foncier sur soi-même.
Si l'on traitait les productions de Jimmy Brother de "Jiniaiseries", que répliqueriez-vous? Ah oui, je sais, "nostalgique du KKK"! Rions trois fois!
D'accord pour pour une production locale importante, mais libérée de l'idéologie rassie, malodorante, prenant les Guadeloupéens en otages, et en cobaye pour la transmission autoritaire et subventionnée (oui, par l'argent du contribuable!) des névroses de politiciens dépassés, médiocres, et refusant toute critique au moyen de grossiers chantages.
Et puis, monsieur "Logne" nous ne sommes pas dans une dictature totalitaire, nazie, communiste, ou présidée par nos bons vieux indépendantistes recuits.
Alors, s'il vous plait, LAISSEZ PROTESTER LES GENS!
E.Boulogne.

# Posté le jeudi 26 janvier 2006 15:21

Modifié le lundi 28 août 2006 13:30

Colonisation : bénéfique ou maléfique ?

Sur la loi du 25 février 2005.

Revenir à la raison.


L'adoption de la loi du 25 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », suscite ces jours-ci en métropole, et plus particulièrement en Guadeloupe et en Martinique, un concert de cris d'orfraies, un vacarme de sauterelles en chaleur, le spectacle de gesticulations délirantes, et, il faut le dire, déshonorantes pour leurs auteurs.
Que dit l'article 4 de cette loi pour provoquer un tel charivari ? « Les programmes de recherche universitaire accordent à l'histoire de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, la place qu'elle mérite.
Les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit... ».
Voici l'objet du litige. Le législateur veut-il imposer l'instauration d'une « histoire officielle » en France, comme le prétendent ses adversaires ? L'observateur honnête ne le croit pas. Nous ne sommes pas aujourd'hui en France dans un régime totalitaire comme naguère dans l'ex URSS, ou dans l'actuelle Algérie du président Bouteflika. Tout au plus peut-on penser, que la formule « en particulier » aurait pu être omise.
Dans une université qui accomplirait strictement, honnêtement sa fonction de recherche scientifique, et pédagogique du vrai, cette formule eut été superflue. Il ne manque pas de bons esprits pour douter qu'il en soit exactement ainsi.
C'est ici qu'il faut plaider à décharge en faveur du législateur, qui signale des dysfonctionnements, des détournements d'histoire et de vérité, à des fins idéologiques.
Car, s'il n'y a pas en France, aujourd'hui, en droit, d'histoire officielle, force est de reconnaître, que de façon subtile, malhonnête, obreptice, une telle histoire existe, en France, de fait, et ceci depuis au moins 1945. Même quand c'est la « droite » qui exerce le pouvoir politique, se dresse en face d'elle le pouvoir culturel exercé sans partage par la gauche.
A-t-on oublié le propos de monsieur Michel Henry, ministre du temps libre dans le gouvernement Mauroy de 1981, « on ne peut pas être enseignant sans être de gauche » (sic) ; celui de monsieur Jack Lang : « en 1981 nous sommes passés des ténèbres à la lumière » ?
De 1945 à 1991 (chute l'URSS), on apprit à tous les écoliers français que les nazis, en 1940, avaient tué en masse 10000 officiers polonais, à Katyn, alors que c'était un forfait des communistes sur ordre personnel de Staline. Il fallut pour se résigner au vrai, (connu pourtant depuis belle lurette grâce à de véritables historiens) l'ouverture des archives du KGB, et les aveux de Gorbatchev.
Citons un dernier fait (puisqu'il faut nous limiter dans un article de journal, car il y en aurait mille autres) que rapporte le philosophe et journaliste Jean-François Revel dans son beau livre La connaissance inutile : en France, écrit-il « L'enseignement fait place à la prédication militante ; ainsi dans un livre du maître (c'est-à-dire destiné à guider le maître dans son enseignement), l'auteur (Vincent, éditions Bordas, 1980) donne aux professeurs les consignes suivantes : « on montrera qu'il existe dans le monde deux camps. L'un impérialiste, et antidémocratique (USA), l'autre anti impérialiste et démocratique (URSS), en précisant leurs buts : domination mondiale par écrasement du camp impérialiste (USA) ; lutte contre l'impérialisme et le fascisme, renforcement de la démocratie (URSS) ». Nous voilà fixés, commente Revel, les enseignants n'ont plus pour tâche d'enseigner, mais de renverser le capitalisme et de barrer la route à l'impérialisme. Et voici comment sont ceux qui prétendent nous donner des leçons d'objectivité historique. Certes, il y a des professeurs d'histoire consciencieux, (et courageux), plus nombreux qu'on ne le pense, qui font preuve d'originalité et d'honnêteté, mais on voit la réalité et le poids du lobby idéologique de gauche sur l'éducation nationale.
Oui, il y a l'histoire officielle enseignée dans les écoles, dans les médias, à travers les milles canaux dont dispose le politiquement, l'historiquement correct. Et cette histoire, truquée, tronquée, est une histoire de gauche. A travers elle, ses choix, ses omissions, ses effets zoom sur les seuls évènements dont elle veut qu'on connaisse, une idéologie politique sectaire tend à imposer à la France, à sa jeunesse, notamment dans l'outre-mer, sa vision manichéenne de l'histoire ? Une vision anti nationale, qui, si on l'adoptait, ferait de notre pays le symbole même du mal, le grand Satan à vaincre, la source de tous les crimes, et de toutes les monstruosités historiques.
C'est contre une telle vision, simplificatrice, mensongère, et démobilisatrice de toutes les énergies nécessaires à la nation, pour vivre et se développer dans le monde dangereux où nous vivons que le législateur a, maladroitement, -peut être-, mais timidement, -certes-, réagi. Et je lui donne raison, quitte à ce qu'il révise l'article de loi une fois rétabli un minimum d'équilibre dans les rapports de force idéologique dans l'université et dans la presse.

 Une gauche amnésique.

Monsieur Hollande nous le dit, Aimé Césaire aussi, la France a été présente outre-mer, à la tête d'un vaste empire, dont la dernière période, celle surtout qui en question actuellement, s'est étendue de 1830 aux années 1960. Sa politique outre mer, résumée par un mot « le colonialisme » n'aurait été que pillages, massacres, humiliations. Prétendre le contraire, selon nos historiens militants, serait le propos d'une droite arrogante, et ambitieuse, désireuse de nier ses forfaits, d'imposer une histoire « officielle ».
MM Hollande et Césaire, leurs affidés, sont pour le moins (choisissons l'adjectif le plus indulgent) amnésiques.
Car de 1870 à 1930, au moins, la droite en France n'était pas très concernée par l'outre mer, plutôt préoccupée de revanche contre l'Allemagne, et de reconquête de l'Alsace-Lorraine. La gauche, elle, était ardemment colonisatrice. Par exemple (entre tant d'autres) c'est Jules Ferry qui décida la conquête du Tonkin et inaugura la constitution de ce qui fut l'Indochine française. Pour cette gauche il s'agissait d'exporter à travers le monde, les « principes immortels » de la Révolution française, et de la République.
A la même époque Karl Marx écrivait à propos de la colonisation des Indes par l'Angleterre : « Les communautés villageoises « idylliques » de l'Inde traditionnelle étaient plus pernicieuses qu'on ne pouvait le supposer car, depuis des temps immémoriaux, elles avaient été les cellules et la base du despotisme oriental, elles enfermaient l'être humain dans le cercle le plus étroit, faisaient de lui l'instrument inerte de la superstition, le réduisant en esclavage, sous le poids de coutumes traditionnelles, le privant de toute grandeur et de toute force historique. Nous ne devons pas oublier la barbarie, la persécution quotidienne et normale des plus indescriptibles cruautés... Nous ne devons pas oublier que cette existence végétative, sans dignité, sans dynamisme, avait pour compensation l'acceptation de l'assassinat rituel comme forme de dévotion religieuse... Nous ne devons pas oublier que ces petites communautés étaient pourries par des distinctions de caste et par l'esclavage ; qu'elles soumettaient l'homme aux circonstances extérieures au lieu de l'élever et de le rendre maître des circonstances; qu'elles poussaient à considérer un état social transitoire et contingent comme un destin naturel et inchangeable... Les arabes, les Tartares et les Mongols avaient successivement conquis l'Inde, mais ils s'étaient adaptés à ces coutumes, étant donné que la loi de l'histoire veut que les conquérants barbares soient conquis à leur tour par la civilisation supérieure des vaincus. Les Anglais furent les premiers conquérants de l'Inde qui lui aient été supérieurs, et, de ce fait, ils n'ont pu être contaminés par la civilisation hindoue ».
Donc Marx, père de la gauche européenne moderne, se félicite de la colonisation, et pas seulement de la colonisation anglaise. Et l'on ne peut nier, que l'on soit marxiste ou pas, (on sait que je ne le suis pas !) la pertinence de certains de ses propos.
Un peu de rigueur et d'honnêteté ne saurait nuire à nos pétitionnaires.

 Le bilan : un tableau à double entrée.

En fait, pour qui réfléchit de sang froid, (et s'informe), la colonisation se présente avec un bilan à double entrée. Elle fut œuvre humaine, et donc imparfaite. Il y eut des injustices, de l'arrogance parfois à l'égard des indigènes de la part des colons qui venaient d'une civilisation en général plus avancée, notamment sur le plan technique. Il y eut des massacres, comme à Sétif, en Algérie, en 1945, (1500 morts, après une révolte fomentée par les séparatistes algériens, ou à Madagascar à la même époque). Il y eut l'esclavage aux Antilles jusqu'en 1848, (mais c'est la France qui après 1870 fit partout reculer l'esclavage en Afrique, et en Indochine ; en Afrique, où l'esclavage a été un fait depuis plus de 15 siècles, et qui fournit les négriers sur les côtes africaines, par millions, ce dont il faudrait ne jamais parler si l'on en croit le jeune Stéphane Pockrain qui, ses petits yeux écarquillés, plaidait en ce sens avec ardeur l'autre semaine à la télévision). Oui, partout où il y a l'homme il y a de l'hommerie. Mais il y eut aussi, la lutte contre les maladies endémiques, la lutte contre la faim, contre les coutumes parfois barbares, la création de routes de barrages, d'hôpitaux, la création de toutes pièces de certaines nations et Etats comme l' Algérie, dont la France fit, d'une petite principauté, autour d'Alger, et de vastes zones désertiques, une province moderne à l'agriculture riche, avant qu'elle ne sombre après l'indépendance, dans la dictature d'un parti unique, la misère et la guerre civile.
Il y eut donc un passif à la colonisation, dont il est convenu, depuis 30 ans, que de lui seul on parlera. La loi du 25 février 2005 insiste pour que l'on parle aussi (c'est le sens du « en particulier ») de l'actif. Chacun pour des raisons complexes, donnera la priorité à l'un ou à l'autre. Mais il faut que le débat existe, qu'il ne soit pas occulté.
S'il doit ressortir quelque chose de bon à cette querelle, ce sera la prise de conscience par ceux qui attribuent un respect trop naïf à la chose imprimée, (« je l'ai lu dans un livre d'histoire » me disait l'autre jour dans un débat radiodiffusé, un auditeur), que l'histoire n'est pas une science exacte, qu'elle est comme disait Paul Valéry « le produit le plus dangereux que l'alchimie de l'intellect ait élaboré ». Pourquoi ? Parce que, poursuit toujours Valéry : elle « fait rêver, enivre les peuples, leur engendre de faux souvenirs, exagère leurs réflexes, entretient de vieilles plaies, les tourmente dans leur repos, les conduit au délire des grandeurs ou à celui de la persécution, et rend les nations amères, superbes, insupportables et vaines ».
Paroles de sage.

Edouard BOULOGNE.


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# Posté le dimanche 22 janvier 2006 18:50

Modifié le samedi 04 février 2006 04:52

Joseph, chevalier de St-Georges.

J'ouvre ce blog avec la nouvelle de la parution du beau petit ouvrage, joliment illustré, de Jean-Claude Halley sur Joseph Boulogne, chevalier de St-Georges.
Né au Baillif en Guadeloupe, ce grand Guadeloupéen eut une carrière exceptionnelle. Diplomate, épéiste, séducteur, et surtout exceptionnel musicien tant sur le plan de la composition que de l'exécution (violoniste).Très prisé à la cours du roi Louis XVI, Joseph fut un ami de Marie Antoinette; Un beau représentant du siècle des lumières.

# Posté le samedi 21 janvier 2006 05:36

Modifié le samedi 04 février 2006 04:51